dimanche 30 novembre 2008

L'inventaire continue

En vlà, des souvenirs, en vlà comme tous ceux notés sur un carnet à spirale, pour retrouver son bonheur en lettres capitales.

Philippe Lazare Dit Larue
-Un bouquet entier de roses rouges déposé devant une autre porte alors que je l'entendais parler derrière avec un autre homme.
Bénédicte
Une rose déposée sur son paillasson, sans espoir mais pour la beauté du geste...

Philippe Lazare Dit Larue
-Une femme qui avait caché son bagage sur le balcon pour pouvoir prendre le train et me rejoindre sans que son con de mari se doute de quelque chose et l'en empêche

Philippe Lazare Dit Larue
-Une nuit avec une fille que j'adorais et au matin, alors que j'étais sorti chercher un truc, le retour dans une maison vide et ce mot sur une de mes cartes de visites que je dois toujours avoir : "Je croyais en moi, je croyais en toi mais ça ne marchera pas."


Philippe Lazare Dit Larue
- Une matinée au "Bar de la grotte" à Callelongue à attendre une fille dont je ne croyais pas qu'elle viendrait et puis...


Alexandra
- une nuit à déambuler à Aix avec mes talons de 7cm- 2h d'essayage pour trouver la tenue parfaite et entendre "tu es radieuse comme toujours"


Philippe Lazare Dit Larue
Pas jeter, vendre


Emilie
C'est quand ce vide grenier?!! J'aimerai au moins racheter la moitié des souvenirs que vous voulez jeter !

Philippe Lazare Dit Larue
Les SMS, tu peux les recopier sur un carnet à spirales

pour garder ton amour en lettres capitales

Maryline
Moi je veux bien juste tenir le stand parce que je ne jette rien, à part des SMS que je me résouds à effacer pour en recevoir d'autres parce que ma boite de réception est pleine...

Philippe Lazare Dit Larue
Je suis fan du stand d'Alexandra.Tiens un autre souvenir, une jolie Anglaise au pair qui m'avait dit, avec son délicieux accent :


"-Merci pour le repas, atcetera"


Alexandra
- une boîte remplie de post it sur lesquels il y a des mots d'amour...


- une après midi à courir dans les rues de venise pour ne pas en rater une miette main dans la main


- une nuit aux Goudes dévorée par les moustiques à compter les étoiles


- un adieu sur le quai de la gare de lille


- un aller retour express à Montpellier parce que je voulais manger là bas-


des heures au téléphone presqu'endormie contre le combiné pour ne pas raccrocher la première


- une jolie déclaration d'amour qui m'a fait peur


- un restaurant gastronomique pour une rupture



Philippe Lazare Dit Larue
- Et puis encore une bouteille de parfum "Féminité du bois


- Ou encore un sonore et tendre au téléphone : "Hello bel animal"-


Sa tête dans la V de mes bras


- Un après-midi à porter des clubs de golf à Etretat


- Un couple de mandarins pour la Saint-Valentin


- La main d'une femme qui m'enlève mes lunettes et me dit : "Tu n'es pas venu ici pour travailler".

Emilie


Je jete tout! Ah non, une fois j'ai gardé un i-pod (un cadeau) et puis finalement je l'ai piétiné des nerfs



Romain
- le soir surréaliste où nous avons fait l'amour pour la première fois dans la baignoire et sur la machine à laver de "notre" appartement commun...dans le 10e arrondissement de paris


- toutes les fois qu'elle m'a dit « je t'aime » au creux de l'oreille sans que je n'y réponde et toutes les fois où j'ai regretté, après qu'elle m'ait quitté, de ne pas lui avoir répondu


- ces moments teintés de splendeur et de regrets passés devant les merveilles de la nature thaïlandaise en pensant à une pubarde blonde platine insensible


- cette façon de se blottir contre moi et d'entremêler ses jambes et les miennes


- ce soir de concert d'Obispo où ce chauve lui a fait un clin d'oeil et que j'ai eu envie de monter sur scène et pour lui fracasser sa guitare sur le nez


- les mails d'une longueur et d'une tendresse insensées que j'ai pu envoyer à cette belle infirmière de Montpellier

Romain
Ces souvenirs pêle-mêle sont pas à vendre, ils sont hors de prix.


- Le massage cosmique d'une Suisse de 17 ans sur une plage de l'Espiguette qui m'a ensuite prouvé qu'elle était bien le nymphomane qu'elle prétendait être


- Ce Post-it violet collé à notre porte d'entrée sur lequel était écrit « Bonne journée mon petit mamour »


- Cette complicité unique ce jour de septembre 2003 où la pluie s'abattait sur Djerba...Détrempée elle était venue se blottir contre moi pour que je la réchauffe, un sorte de chien coyotte ultra anorexique nous observait


- les 24 pages de lettre que j'ai écrit depuis la Californie à cette femme pour qu'elle ne me laisse pas


- le moment de vide extrême qui m'a emporté quand elle m'a dit, alors que je venais de poser ma main sur sa cuisse, que nous devions parler


- les kms faits ensuite sous la pluie en me demandant comment continuer ma vie sans elle

Nous avons tous des souvenirs amoureux à céder

D'abord fredonner une vieille chanson de Jonasz pour se mettre en situation :
"Je mettrai mon coeur dans du papier d'argent,

Mon numéro d'appel aux abonnés absents.

Mes chansons d'amour resteront là dans mon piano.

J'aurai jeté la clé du piano dans l'eau.

J'irai voir les rois de la brocante.

"Vendez mon coeur trois francs cinquante."

Tout cela pour se dire, après une conversation avec une amie tout à fait tanagresque qu'il est urgent d'organiser des vide-greniers amoureux. Pour nous débarrasser comme peaux d'oignons de nos amours défuntes ou du moins perdues de vue, de nos liaisons tenaces, de ces fantômes sentimentaux qui nous encombrent comme des Arthur, même si -il faut bien en convenir- nous les nourrissons comme des petits animaux de compagnie.

Alors, véritablement, il faudrait une vraie foire aux souvenirs tendres, un marché bordélique comme celui de Forcalquier, Carpentras ou Gardanne où nous aurions chacun un stand avec nos objets, nos photos, nos lettres -dont nous aurions pudiquement et utilement barrés les noms- les CD qui ont bercé nos premières rencontres, les clichés de paysages traversés en France et partout dans le monde. Il faudrait trouver une solution pour l'immatériel, pour les pensées, les textos, les mails, les rêves qui reviennent nous visiter. Peut-être des conteurs, des comédiens qui viendraient mettre tout cela en scène, exorciser ou dynamiter notre deuil amoureux en le rendant public.

Sans doute verrions-nous alors que parfois, la nostalgie est ridicule.

Mais pas toujours, entends-je dans le choeur des milliards de lecteurs.

Alors, voilà, pour vous aider, ce que j'aurais à vendre sur mon stand :

-Une malle blanche remplie de photos défuntes

-Plusieurs lettres d'anniversaire ainsi composées : "37 raisons d'aimer Philippe, 44 raisons d'aimer..."

-Une robe "Cop's Copine" qui tourne avec des images de ville dessus, à jamais disparue

-Un collier en argent

-Un pas vif vers une rue tout près d'une gare

-Des grandes chaussures qui avaient faire sourire une fille lors d'une inauguration et qui ont changé ma vie pendant trois ans

-Un rêve dans lequel Véronique portait une étagère

-Une culotte sympathique oubliée chez moi

-Un livre indien

-des pâtes aux sardines

-Une sensation lisse

-Quelques pas de danses sur les bords de la Marne

-le film "9 songs"

-Des notes d'hôtel

-Un rayon qui s'inflitre entre des volets clos

-Un chien éminemment sympathique

-Une borie dans la montagne témoin de mes premiers émois

-La belle allure d'une femme qui s'en va.

Clap de fin.

En B.O. pour terminer :

"Que reste-t-il de nos amours

Que reste-t-il de ces beaux jours

Une photo, vieille photo

De ma jeunesse

Que reste-t-il des billets doux

Des mois d' avril, des rendez-vous

Un souvenir qui me poursuit

Sans cesse

Bonheur fané, cheveux au vent

Baisers volés, rêves mouvants

Que reste-t-il de tout cela

Dites-le-moi

Un petit village, un vieux clocher

Un paysage si bien caché

Et dans un nuage le cher visage

De mon passé

Les mots les mots tendres qu'on murmure

Les caresses les plus pures

Les serments au fond des bois

Les fleurs qu'on retrouve dans un livre

Dont le parfum vous enivre

Se sont envolés pourquoi?"


Attention, pas de larmes, pas de drames, c'est juste un jeu né d'une conversation téléphonique. Et en l'écrivant, je me dis que cela pourrait être une véritable manifestation avec un lieu symbolique : un village nommé Saint-Amour-Fâné, Rupture-sur-Gardon...


Allons-y pour les premières contributions.



Cédric.
Un front qui s'appuie

A moi dans la nuit

Deux grands yeux ouverts

Et tout m'a semblé

Comme un champ de blé

Dans cet univers


Philippe Lazare Dit Larue
Une lettre de désir envoyé par une fille qui avait dansé avec moi.


Samantha
Un petit mot griffonné par l'être désiré et délicatement glissé dans la poche de ma veste.

Alexandra
Sa main dans mes cheveux et quelques mots dans mon oreilles "Es-tu sûre de ne plus vouloir d'enfants?"


Florence
Quelques pas de tangos avec un violoniste dépressif sur le parquet de mon salon

Philippe Lazare Dit Larue
La plus tendre et sexy des nuits sur les hauteurs de Toulon.


Alexandra
une conversation de 45 minutes au téléphone, qui rejoint un peu ton nouveau groupe : "Tu es exceptionnelle mais...


Philippe Lazare dit Larue
Un short tendrement lâche que portait Elisabeth

Philippe Lazare Dit Larue
Un message écouté sur la plage de Nice, en contrebas du Château, pendant que mon amie d'alors était affairée dans les vieilles rues.


Philippe Lazare Dit Larue
Un jour, une fille prénommé Stella qui, après m'avoir contredit vivement sur un point sur lequel j'avais raison, s'est frotté à mon épaule en ronronnant pour se faire pardonner.


Nadine
Une nuit passée avec un quasi inconnu, juste enlacée par ses bras vigoureux mais tellement doux et tendres, un baiser déposé de-ci de-là sur mon dos. Sentir son souffle chaud dans ma nuque. Et pas d'apréhension sur ce qui pourrait être tenté.


Philippe Lazare Dit Larue
Un week-end avec Christine sur l'île de Jersey, comme une parenthèse, où je lui avais mis des chaussettes pour qu'elle n'est pas froid aux pied en mobylette et où le responsable d'une chambre d'hôte nous avait raconté l'histoire de la "Bête".


Philippe Lazare Dit Larue
Une virée mi-boulot, mi-début d'histoire à Saint-Tropez à l'occasion d'un reportage sur le meurtre de Yann Piat et une nuit passée côte à côte dans deux lits jumeaux, avec une fille tout à fait estivale.

Philippe Lazare Dit Larue
Bravo Nadine. Alors, en cadeau, un après-midi de 15 août rue Condorect, sur le lit à se dire, comme Depardieu dans "Les Valseuses" : "On est pas bien là, décontractés du gland et on bandera quand on en aura envie..."


Nadine
Des dimanches après midi d'hiver, lovés l'un contre l'autre, sous des tonnes de couvertures, à regarder sans regarder vraiment, des films en tout genre,et m'entendre dire: "cette plénitude je veux la garder toute la vie".


Jérôme
cède un lot de récipients avec leur bouchon vissé à moitié


Philippe Lazare Dit Larue
Et même une lettre déposée rue Dieudé à Marseille avec une simple question : "Est que tu veux m'épouser?" et deux cases pour la réponse : "oui" et "non".


Laura
ma petite pierre à l'édifice : je vends pour un sourire symbolique des projets... Ceux de vacances en Aveyron, des canaux italiens près de Venise, du camping sauvage en Camargue, de la redécouverte de l'Alsace... les souvenirs suivront bientôt...


Bénédicte
Du thé Lapsang Souchong (mon préféré) de chez Fauchon, un CD de Riccardo del Fra, des courses chez Ikea, "Les Mémoires de Casanova", dans la collection Bouquins..

Severine

"Moi je laisse un vieux CD d'Aznavour, avec "Toi et moi" en ouverture...Un truc que je ne me résigne pas à jeter. Alors si je pouvais en faire profiter quelqu'un....